RENCONTRE : BMW i8 Vs. M4

C’est l’histoire d’une rencontre, au sommet même car aujourd’hui c’est la crème de la crème de la gamme sportive BMW qui nous accompagne pour un petit tour sur la presqu’ile du Cap Ferret en cette fin juillet. A ma droite, la prétendante du clan i, j’ai nommé l’i8, à ma gauche, la reine de la gamme M, la M3 coupé euuuhhhh pardon, la M4. Action ! BMW i8 Vs. M4 !

Filles de l’air

J’emploi le pluriel car ce qualificatif sied à merveille à nos deux protagonistes du jour. Quand la i8 l’utilise afin d’y canaliser sa propre pénétration nous offrant une silhouette de supercar et par la même occasion un Cx de 0,26, la M4 l’aspire, grande nouveauté, à travers le sèche-cheveux à double entrée nous donnant accès à 431ch et 550Nm sur une plage plus qu’importante des 7500 tr/min qu’elle propose.

_DSC1481

Fièrement posées devant la concession, les deux belles nous attendent pour un après-midi d’anthologie

Esthétiquement, la i8 est un ovni, un concept-car avec des plaques d’immatriculation. Vous comme moi la connaissons bien. Pour ma part, c’est la troisième fois que j’ai l’occasion de lui dégourdir bielles et circuits. Depuis notre dernière prise en main, en avril dernier, j’ai eu la chance de pouvoir maltraiter une palanquée de pompes à feu et j’avais peur qu’elle ait perdu de sa magie. Fort heureusement il n’en est rien.

Un physique de concept car échappé d’un salon

La M4, de son côté, jouit d’une base déjà pas moche, en l’occurrence celle du coupé série 4 dont elle reprend, à peu de choses près, l’esthétique en proposant un châssis et un moulin complètement différents. Notre exemplaire « saphir-Schwartz » joue la discrétion et seuls l’accastillage M et les splendides jantes de 19” viennent trahir les ambitions véhémentes de la belle. Pire, à côté de l’i8, personne ne la remarque … jusqu’à ce que votre pied droit vienne mettre la puce à l’oreille des badauds collés à l’i8 comme une horde de demoiselles à la sortie du dernier boys band à la mode d’un palace réputé. J’aime la gueule de l’i8 mais si c’était moi, la discrète animosité de la M4 aurait mes faveurs.

Connectées

Chacune à sa manière, l’i8 et la M4 font preuve d’une connexion intéressante. L’i8 joue, selon les modes de conduite et l’action de votre pied droit, sur deux registres. Le silence d’abord, grâce à son moteur électrique de 131ch et 250Nm de couple – aux roues avant – capable de vous extraire paisiblement du statisme. Puis le grognement tinté d’un certain velouté lorsque le 3 cylindres turbo prend le relais et offre ses 231ch et 320Nm aux roues arrière. Quand vous mettez « la chaussette », les deux unités travaillent de concert et donnent la pleine mesure des 362ch et 570Nm cumulés. A ce moment là, la tranquille hybride se mue en arracheuse de bitume, lacérant celui-ci de ces 4 roues motrices. L’interconnexion entre l’électrique et le thermique est bluffante d’efficacité et oblige, comme à chaque fois, le passionné rétrograde que je suis à se demander si ce n’est pas par là que le salut des – super – sportives de demain viendra. Entre vous et moi, je ne me le demande plus, j’en suis sûr.

_DSC1502

C’est toujours un moment spécial de s’installer dans ce cockpit

La M4 de son côté, n’use pas des mêmes subterfuges que sa consœur mais dispose bel et bien d’une connexion évidente dès les premiers tours de roues. Je dois vous l’avouer, je l’attendais depuis un moment celle-là. J’avais également très peur qu’elle suive le même chemin que les versions « classiques » de la génération F (Série 5 F10, Série 3 F30 etc …) en s’éloignant du toucher de route inimitable de ses aïeules. On est bien installés, la position de conduite est parfaite et les baquets sont au top niveau maintien, il va y en avoir besoin ! Le volant tombe bien sous la main, j’aurais toutefois aimé un diamètre légèrement plus petit. Contact, très discret ce 6 cylindres turbo. En ville, avec tout en mode confort, l’agrément signe celui d’une 435d. De quoi semer le doute sur le potentiel de l’engin. Mais on n’est pas venu pour ça, alors je passe en mode « MDM », ce qui bascule le groupe motopropulseur, les suspattes et la direction en Sport + et repousse l’intervention de l’ESP. Là, c’est le rodéo ! Une furie j’vous dis ! Du bruit, des coups de pieds au c*l et des claquements de partout. Comment une auto aussi sauvage peut être en vente libre ?!?. C’en est même presque trop, c’est vous dire … Un petit tour par la console centrale me permet de me choisir une auto à la carte : Moteur/Boîte en Sport +, pour la réponse à l’accèl’ et le bruit. Suspensions en Sport tout court, un bon compromis hors circuit et direction également en sport, pour un toucher plus naturel, moins « forcé » qu’en Sport +. Je crois que je suis tombé sur le réglage idéal. La M4 se fait plus progressive et « lit » la route en haute fidélité.

Belle et bestiale cette M4

Belle et bestiale cette M4

Non, la M4 n’a rien perdu du toucher de route BMW. Le moteur, lui, est un mix entre le percheron et le pur-sang arabe. Ça martèle violement dès les bas-fonds et attrape des tours comme un schizophrène en pleine crise (vous avez vu Fou d’Irène ?). C’est simple, je n’avais jamais vu de bloc turbocompressé à ce point dépourvu d’inertie, une cathédrale. Les liaisons au sol idoines permettent d’exploiter la furie du « Straight Six » sans risquer de se mettre au tas au premier virolo venu. La boîte DKG fait preuve de rapidité et de précision tandis qui le train avant, soudé, dirige avec précision. Aucun sous-virage ne se fait sentir, même en passant très vite. Le réglages sont parfaits et les Michelin Pilot Super Sport super « Sticky ». Les limites sont loin. L’arrière, lui, vous retranscrit son action en haut débit à travers les semi-baquets au maintien quasi-parfait. Les amorces de dérive – et il y en a, même ESP « on » – sont presque téléphonées et pour peu que l’on « écoute » l’auto, on se sent en phase, on anticipe toutes ses réactions … du bonheur mes amis, du grand bonheur. Attention cependant aux excès d’optimisme car quand on déconnecte et qu’on fait l’idiot, la M4 décroche vite et vous rappelle à l’ordre. Heureusement, BMW a fait des progrès niveau freinage et les disques acier de notre modèle n’ont jamais faiblis. Bien élevée mais capable de vous corriger avec fougue, la M4 sait tout faire. Au top dans tous les registres sans que cela ne devienne ennuyeux, elle connectée à la route et vous fait découvrir son potentiel exceptionnel. 

_DSC1508

Très bien fini, l’habitacle est ergonomique, ce qui n’est pas de trop quand la puissance déboule !

Alors ?

Alors j’en veux une … Mais laquelle ? La i8 c’est la GT de demain, dès aujourd’hui. Une belle démonstration du savoir-faire du constructeur bavarois, une vitrine utilisable au quotidien et dont les futures 911 devraient se méfier. La M4 est parmi ce qu’il se fait de mieux aujourd’hui en termes de polyvalence et de bestialité ce qui m’amènerait, dans la peau d’un acheteur, à l’envisager à l’heure du choix, parmi le panier de GT de renom souvent bien plus chères au jeu des options. Vous l’avez compris, j’ai complètement craqué sur la M4 qui m’a cueilli grâce à son moulin tonitruant et son châssis de propulsion rigoureuse mais joueuse à la demande. Et vous, vous prendriez laquelle ?

_DSC1496

i8 ou M4 ? Pour moi ce serait la M4, pour son côté brute en smoking

Un grand merci à Benjamin et à l’équipe de la concession BMW BAYERN AUTOMOBILES de Mérignac pour la mise à disposition de ces superbes joujous et leur accueil toujours aussi chaleureux.

FICHES TECHNIQUES

BMW i8

Moteurs : 3 cyl en ligne 1,5L Turbo central arrière + Moteur électrique avant
Puissance Maxi : 231ch essence + 131ch électrique
Couple Maxi : 320Nm essence + 250Nm électrique (570Nm cumulés)
Transmission : Traction (électrique) / Propulsion (essence) / Intégrale (cumulés)
Dimensions (Longueur/largeur/hauteur) : 4,68m/1.94m/1.29m
Poids : 1.490 kg
0 à 100 km/h : 4,4 s
Vitesse Maxi : 250 km/h (limitée)
Conso annoncée : 2,1 l/100 km
CO2 : 59 g/km (bonus 8.000 €)
Prix : 136 800 €

BMW M4

Moteur : 6 cyl en ligne 3L Turbo
Puissance Maxi : 431ch à 5500 tr/min
Couple Maxi : 550Nm à 1850 tr/min
Transmission : Propulsion / Boîte 7 double-embrayage DKG (méca 6 disponible)
Dimensions (Longueur/largeur/hauteur) : 4,67m/1,87m/1,38m
Poids (constructeur) : 1.497 kg
0 à 100 km/h : 4,3 s
Vitesse Maxi : 250 km/h (limitée)
Conso annoncée : 8,3 l/100 km
CO2 : 194 g/km
Prix : A partir de 82 510€ (Boîte méca) et 86 460€ (Boîte DKG)

LES CONFIGS' DU BILLET AUTO

BMW i8

confi81

confi82

confi83

confi84

BMW M4

config3

config4

config5

Config2

Vous pouvez, si vous le souhaitez, configurer votre BMW ICI

PHOTOS