On The Road Audi RS3 Sportback

Dans le segment des compactes au pédigrée de supercar, BMW avait posé ses marques avec la M135i et son 6 en ligne de 326ch. Mercedes est ensuite entré dans la bataille avec l’A45 AMG et son 4 pattes de 360ch. Voici venu le tour d’Audi, qui dégaine tout simplement la compacte la plus puissante du marché avec sa RS3 Sportback et son 5 cylindre de 367ch. Pour la découvrir nous sommes partis en Road Trip entre Strasbourg et Le Castellet en passant par l’Allemagne, la Suisse, les Alpes et la route Napoléon. Ça mes amis c’est du programme de compèt’.

 Let’s go !!!

Rendez-vous est donc pris à Strasbourg pour récupérer les voitures. De loin, on dirait une A3 S-Line. En s’approchant, on remarque les détails. Boucliers sérieusement ajourés, jantes 19” chaussées plus larges à l’avant qu’à l’arrière (255 / 235) et disques de freins « pétales » mordus par de gros étriers badgés RS. Et pour ceux qui seraient passés outre ces détails, il reste la gigantesque double sortie d’échappement encerclant le diffuseur.

Contact, plus aucun doute ! C’est bien une RS3. Le 5 cylindre 2.5L Turbo s’éveille et son feulement rauque emplit le parking. Jouissif. Quelques coups de gaz dans le vide et l’échappement sport (option) se met à crépiter, que du bonheur quoi …

Sortie du parking et traversée de Strasbourg pour rejoindre l’Allemagne et l’autobahn. En ville, l’auto est douce, ferme mais pas inconfortable. Le feulement du 5 pattes crée une ambiance géniale vous rappelant que vous n’êtes pas dans une A3 TDI. La RS3 est maniable mais, dans certains cas, le rayon de braquage assez élevé pourra gêner.

Nous voilà sur l’autobahn, gaaaaaazzzzz ! Les 200 km/h ne sont qu’une formalité. L’allonge est surnaturelle et les relances expéditives. Clairement, je n’avais jamais vu ça sur une « compacte ». En lisant la fiche technique, on voit 367 ch et 465Nm, à l’utilisation, on croit qu’il en ont mis une louchée supplémentaire chez Audi. L’auto est stable, rassurante et seul le trafic assez dense nous empêchera de dépasser les 240 km/h (Certains de nos confrères ayant eu un trafic plus avantageux ce jour là m’ont confirmé que les 280 km/h étaient atteints assez facilement malgré un léger essoufflement après 260). Cette RS3 est étonnante à vive allure. Relances expresses au dessus de 200 et bon freinage, vérifié maintes fois après un petit tirage de bourre à 220 avec une Passat CC énervée.

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C’est bon quand ça tourne

On regagne la France par Colmar et on prend la direction des Vosges, et plus précisément du Col de la Schlucht. Ce trajet nous fait emprunter des lacets plus beaux les uns que les autres et la sonorité du 5 cylindres raisonne dans la forêt. Du bonheur auditif à l’état pur ! Ça chante, ça pétarade et on a vite l’impression d’être au volant de la mythique quattro Goup.B de la belle époque. Cette sensation est renforcée de l’extérieur car, ne vous y trompez pas, là, on n’est pas dans l’esbroufe gratuite. L’auto s’entend de loin et arrive très vite ! Un outil j’vous dis ! Côté dynamique, c’est bon, très bon. D’abord, le moulin. Beaucoup de couple, presque pas de lag et une souplesse insoupçonnée. Les mises en vitesse d’un autre monde sont exacerbées par la rapidité de la boîte S-Tronic 7, plus efficace que jamais. Elle attrape même le rupteur ! Seul bémol, sur certains rétrogradages, la sécurité empêche parfois la rentrée d’un rapport. Assez frustrant. En mode dynamique, la voiture est rivée au sol ! Le train avant s’accroche à la trajectoire choisie par le volant comme un syndiqué à ces acquis sociaux. L’arrière se montre bien élevé et suit en ligne. Moins mobile qu’un TTS mais quelle efficacité ! Ça passe très vite et très fort, quelque soit le rayon du virage. Et en sortie, vous vous en doutez, ça motrice copieusement, sans remontées de couple désagréables, même quand on la mène fort, très fort. Royale dans les épingles, souveraine dans les enchainements et impériale dans les courbes appuyées, assurément une réussite dynamique cette RS3. La direction elle mériterait plus de toucher et de précision. Oui parce que ça va vite ! Certains motards pleurent encore dans leur casque. De là à se demander si cette bombe teutonne est l’outil idéal pour le sinueux, il n’y a qu’un pas. Sur ce type de route, dans un objectif d’efficacité, je la prendrais avant bien des supercars. Supercar, c’est d’ailleurs un qualificatif plusieurs fois utilisé.

La descente du Col de la Schlucht mettra à mal les freins qui, malgré leur endurance, on perdus de l’efficacité en bas. Ok, j’avoue, on y est allé comme des vilains. J’aimerais beaucoup savoir comment se comportent les céramiques (option non présente sur nos modèles) dans ce genre d’exercice. Une fois de plus,  les vitesses de passage étonnent. Les voies avant plus larges et chaussés plus généreusement améliorent l’inscription et le grip, l’arrière lui, ne décroche toujours pas malgré mes sollicitations plus qu’insistantes. Ça va vite, ça sonne et ça claque. La régalade totale … à tel point que nous sommes déjà en Suisse. Vu l’intolérance des autorités locales, nous calmons le rythme et profitons du trajet (essentiellement autoroutier) pour détailler notre cocon.

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Toujours au top

Dans l’habitacle, pas de surprise, on est chez Audi. La finition et l’ergonomie sont au top. Le MMI est intuitif après le léger temps d’adaptation nécessaire pour assimiler son fonctionnement. Les sièges semi-baquets sont géniaux en confort et ont une gueule d’enfer. J’aurais tout de même aimé un meilleur maintient au niveau des côtes et des épaules pour mon petit gabarit. La sono B&O est de très bonne facture mais la restitution est bizarrement moins bonne que dans le TT dernière génération. Le virtual cockpit manque cruellement également. Sur l’autoroute, le confort est très bon et seuls quelques bruits de roulement viennent ternir le tableau. La RS3 se rattrape en revanche à chaque tunnel ! La marche à suivre est simple : On ralenti, on baisse les vitres, on accélère légèrement à bas régime, on tombe un – ou deux – rapport(s) et là « biimmmm-baoouuuummm-paaak et papapoooo ». L’échappement crépite et tout le monde en prend pour son grade. Remise des gaz et là « brraaaapppp-pfou-brrrraaaaapppp » cet échappement sport (indispensable) est tonitruant. Quelle santé ce 5 cylindres ! Et quel son !! Le quidam s’attendant à une simple A3 S-line aura une belle surprise 😉

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Nous voici arrivés au lac d’Annecy après une longue – mais ô combien agréable – journée sur la route. C’est ici que nous passerons la nuit. Le lendemain, après un petit déjeuner au bord du lac, nous prenons la route pour le Castellet en passant par les contreforts du Vercors et la route Napoléon. Le programme étant très serré, pas le temps de trainer. On est vite à l’aise dans l’auto, on s’y sent chez soi. Tout tombe sous la main naturellement et c’est un plaisir de tailler la route avec la mélodie du 5 cylindres en fond. Après quelques « spéciales » entrecoupés de liaisons rapides, nous voici au Castellet. C’est l’heure du repos car demain c’est circuit !! Et oui ! Demain matin, on part à l’attaque du circuit du Driving Experience Paul Ricard. Pour tout vous dire, je trépigne d’impatience.

A l’attaque !

Nous voici sur le circuit et après un breifing par l’équipe du Driving Expérience, c’est le moment d’aller chercher les limites de l’auto. Et là, c’est une toute autre RS3 qui nous apparaît. De « funnement » sérieuse, elle passe à sérieusement fun ! Les limites de l’auto, quasiment impossibles à cerner sur route ouverte, font apparaître un train arrière joueur au freinage avec l’ESP en mode dégradé. Un train avant campé, une boîte rapide et puis la sonorité (je ne sais pas si je vous en avais parlé). Le grip des PZero est phenoménal mais les freins avouent leur limite après une douzaine de tours à l’attaque. Le bilan circuit est cependant très bon malgré le freinage légèrement handicapé par les 1600 kg de la bestiole. Pour moi, en plus d’être une super machine à avaler des bornes à n’importe quelle allure, cette nouvelle RS3 Sportback (seule carrosserie disponible) peu se muer en outil pour track days.

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Bilan

Reste qu’à 56 900€ en tarif de base, la RS3 n’est pas donnée. Si on prend en compte certaines options indispensables et quelques superflus, on arrive vite aux quelques 72 000€ de nos modèles d’essai. Ça fait beaucoup d’argent mais compte tenu de ses capacités sur route et circuit, de sa finition, de sa sonorité et de sa ligne très réussie, ça fait aussi « beaucoup de voiture » 😉

Texte & photos : Jean-Baptiste Dessort

FICHE TECHNIQUE

Moteur : 5 cylindres en ligne Turbo, 20 soupapes

Cylindrée : 2480 cm3

Puissance maxi : 367ch de 5550 à 6800 tr/min

Couple : 465Nm de 1625 à 5550 tr/min

Transmission : Intégrale (4RM) Boîte S-Tronic 7 rapports

Poids : constructeur à vide : 1595kg

Rapport poids/puissance : 4,34 kg/ch

Vitesse maxi : 250 km/h (280 km/h en option)

0 à 100 km/h : 4″3

Conso mixte constructeur : 8,3L/100 km

CO2 (g/Km) : 194

Puissance fiscale : 25 CV

LA CONFIG' CLUBSPORT

Si c’était la notre, elle serait Bleu Sépang avec le cuir noir surpiqué rouge et le kit « black ». Pas mal d’option (comme toujours chez les Allemands) dont certaines indispensables : Echappement Sport (1330€), le toit ouvrant (1800€) et la monte mixte 255/19 à l’avant et 235/19 à l’arrière. En tout, le modèle que vous avez sous les yeux coûte un peu plus de 74 000€ … Ça pique …

LA VIDEO

LES PHOTOS

Le note de la RS3
Moteur génialSonoritéFinition exemplaire
Intérieur vieillissant Endurance du freinageTarif
79%Note finale
Le Style75%
L'Ambiance70%
Le Moteur85%
Les Sensations85%
Avis des lecteurs 1 Avis
95%