ESSAI – Maserati Ghibli SQ4 : Bel Canto

En septembre dernier, l’essai de la version 330ch de la Maserati Ghibli nous avait donné l’envie d’approfondir le sujet et de prendre les rênes de la version de pointe, la SQ4. Mue par le même V6 B-Turbo développant 80ch de plus, elle y ajoute une accessibilité « tous temps » avec son système 4 roues motrices.

Le tour du proprio

La Ghibli c’est 4,97m de long et 1,94m de large pour une hauteur totale de 1,46m. Inutile de préciser qu’elle se classe dans la catégorie des grosses berlines routières. Elle fait donc joujou avec les BMW Série 5, Audi A6 (et A7), Mercedes Classe E sans oublier la Jaguar XF qui vient de faire peau neuve. Elle se démarque cependant grâce à son dessin qui allie subtilement finesse et agressivité. On peut même la trouver trapue sous certains angles, notamment à l’arrière. C’est clairement très réussi et les somptueuses – mais fragiles – jantes de 21” viennent terminer un ensemble qui se veut des plus désirables. La version SQ4 en profite pour faire passer la puissance déjà suffisante du V6 turbo de 330 à 410ch pour un couple qui grimpe timidement de 500 à 550Nm. En ”Q4” elle embarque également une transmission intégrale.

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Les jantes de 21” sont trompeuses. La Ghibli fait un petit 5m de long …

A l’intérieur, les cuirs et plaquages sont de bonne qualité et les assemblages travaillés. Cependant, certains plastiques peu flatteurs viennent ternir le tableau. C’est dommage car sur notre modèle d’essai, configuré avec la superbe sellerie cuir « Cuoio » et son rappel sur la planche de bord ainsi que le ciel de pavillon en alcantara noir, l’ambiance est tout simplement au top. J’aurais juste remplacé les plaquages en fibre de carbone par du bois mais ça, c’est une affaire de goûts. La faible surface vitrée renforce la sensation de sportivité et le toit ouvrant baigne tout ce joli cocon dans la lumière en cette fin décembre. Seuls les passagers arrière se sentiront quelque peu à l’étroit en raison du manque de place aux genoux. Mais que fait-on à l’arrière que diable … Non ! C’est une Maserati, elle s’appelle Ghibli, alors c’est derrière le cerceau que ça se passe. Position de conduite idéale, très bas dans l’auto, volant bien droit, on est bien au volant de cette Ghibli.

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L’ambiance est là mais certains plastics ne sont pas au niveau

Sur la route

Le V6 s’ébroue à froid, et à ce moment là, dans le parking souterrain, le froid, c’est moi qui l’ai l’dos … Quel vacarme !!! On se demande si le bâtiment qui nous surplombe ne va pas s’effondrer sur nous quand soudain, les clapets se referment et laissent place à un feulement bien plus discret sans toutefois être moins agréable. En ville, le « tout auto » fait des merveilles et la grosse berline se déplace avec douceur et grâce. La progressivité du moteur et de la boîte ZF 8 rapports est un régal. Les aspérités, nids de poules et autres gendarmes couchés sont digérés sans peine même si la Ghibli se montre quelque peu ferme en compression. La transmission intégrale vient de temps en temps rappeler sa présence avec des remontées de traction désagréables dans le train avant. Si l’envie vous en prend, vous pouvez à tout moment presser le bouton ”Sport”, ouvrir les vitres – ou pas – et mettre un peu de charge au V6 pour calmer – ou énerver – tout le monde. Ça ne sert objectivement à rien mais à ce moment, le sourire sur votre visage de mélomane en dit long.

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Allier luxe et sportivité affirmée … C’est réussi !

Allez on arrête d’effrayer les Yorkshires et leurs maître(sse)s scandalisés et on prend la clé des champs ! On attrape l’autoroute direction les routes grasses de la Vallée de Chevreuse. Sur voie rapide, le confort est très bon et la tenue de cap imperturbable, on sent qu’elle aime enfiler les bornes. Seuls quelques bruits de roulements sont présents, dus aux gigantesques roulettes de 21” chaussées en 245/35 à l’avant et 285/30 à l’arrière. On cruise en 8ème histoire de limiter la conso (il y en a grand besoin).

Nous voici donc à présent dans la Vallée de Chevreuse par 6 degrés et des routes bien grasses, au volant d’une italienne de 410ch. Qu’à cela ne tienne ! Le bouton ”Sport” est déjà enclenché ainsi que celui affermissant la suspension. Il n’en reste plus qu’un et pas des moindres : le bouton «M » pour Manuel, vous donnant la main sur la boîte via le sélecteur qui, une fois n’est pas coutume, est dans le bon sens (tirer pour monter / poussez pour descendre) ou via les grandes et belles palettes en alu.

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Confortables et enveloppants, les sièges sont très bons quelque soit le trajet

Le train s’accélère, le 0 à 100 est vérifié en 4,8s et l’auto fait preuve d’une belle stabilité. Tout juste drible-t-elle sur certaines grosses déformations mais rien de bien méchant. Le V6 turbo se montre volontaire à défaut d’être ultra-réactif. L’allonge est bluffante et il faut faire attention au compteur car on se retrouve vite en prison, même sur une petite route. Dans le tournant, c’est une autre paire de manches. Il faut bien anticiper le freinage car les 1950kg de la petite avec vous dedans demandent des efforts aux galettes en acier. Si vous arrivez trop fort, ça sous-vire sévère. La prise d’appui se fait sainement mais le manque de remontées d’infos dans la direction, pourtant bien pesée, affecte beaucoup le toucher. Résultat, on ne sait pas vraiment où en est le train avant et on préfère prendre nos précautions. Grâce à la transmission intégrale, on peut remettre les gaz très tôt sans arrière-pensée quand la propulsion vous aurait déjà fait faire demi-tour…

Les changements d’appuis et les transferts de charge montrent vite les limites de l’auto qui s’avachit sur ses roues extérieures et vous avertit que vous la malmenez. Ce n’est pas une sportive, ça on le savait. En revanche, pour une grosse berline proche des 2 tonnes, le bilan dynamique est plutôt satisfaisant. Il aurait pu être bien meilleur avec un toucher de route plus naturel. On préfèrera le cruising rapide vitres entre-ouvertes pour faire claquer les rapports et entendre raisonner l’échappement à des kilomètres. C’est en ça que la Ghibli excelle. Moins parfaite que ses concurrentes allemandes, moins rapide dans le sport aussi mais elle apporte une certaine substance, ce « je ne sais quoi », encore inconnu des allemands. Une belle GT 4 portes en somme.

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Le coeur de la bête … 410ch sommeillent …

Bilan

Belle, envoûtante, lyrique, théâtrale … Autant de qualificatifs qui lui vont comme un gant. Imparfaite mais ultra séduisante, cette Ghibli a su nous charmer à nouveau pour notre deuxième rencontre. Son physique de rêve et son habitacle chaleureux ont su nous faire oublier ses lacunes de finition. Son V6 singeant le ténor et la boîte auto quasi parfaite ont su nous faire oublier ses quelques lacunes dans les derniers degrés de mise au point châssis. On s’est fait cueillir… A partir de 86.000€, la Ghibli SQ4 est presque une affaire ! Mais attention car au jeu des options vous arriverez très facilement aux 110.600€ de notre version d’essai. De plus, il vous faudra composer avec une consommation très élevé de 13/14L en faisant attention. Lors des 2 jours de notre essai, nous avons relevé un joli 19,2L aux 100. On est loin des 9,7L annoncés. Quoi qu’il en soit, vous roulerez dans une auto différente qui se révèle, et on l’a vérifié, être plus « un évènement » qu’une simple berline. Par sa ligne, et par son bel canto.

LA CONFIG' CLUBSPORT

La Ghibli SQ4 du Billet serai Blu Passione / Intérieur Cuoio, Pack Sport 21” Système Harman Kardon 900W, plafonnier alcantara, toit ouvrant, palettes au volant etc … Pas mal d’option sauf l’accoudoir central arrière, facturé 77€, c’est quand même mesquin.

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FICHE TECHNIQUE

Dimensions (Longueur/Largeur/hauteur) : 4,97 m / 1,94 m / 1,46 m

Moteurs : V6, longitudinal 2 979 cm3

Puissance maxi : 410ch à 5 500 tr/min

Couple Maxi : 550 Nm à 1 750 tr/min

Transmission : 4 roues motrices, boîte auto 8 rapports.

Poids à vide (Constructeur) : 1 870kg

Rapport poids/puissance : 4,56 kg/ch

Vitesse maxi : 284 km/h

0 à 100 km/h : 4,8 s

Conso mixte : Annoncé 9,7 litres/100 km (essai 19,6L)

CO2 (g/Km) : 246

Roues : 245/35/21 à l’avant et 285/30/21 à l’arrière

Freins AV : Disques ventilés (360mm) étriers fixes 6 pistons

Freins AR :  Disques ventilés (350mm) étriers fixes 4 pistons

Coffre : 500L

Tarif : A partir de 86.100 € (Modèle essayé : 110.600€)

VIDEO

PHOTOS

La note de la Ghibli
Moteur mélodieuxLigne superbeBoîte
Certains plastiquesConsommationA-coups de transmission
78%Note finale
Le Style80%
L'Ambiance70%
Le Moteur85%
Les Sensations75%
Avis des lecteurs 1 Avis
80%