ESSAI Range Rover Sport SVR : Un (gros) chat dans la gorge

SVO, pour « Spécial Véhicle Opérations ». C’est de ce doux patronyme à la James Bond que le groupe Jaguar/Land Rover a décidé d’affubler sa branche destinée à envoyer du gros (et/ou du lourd). Après s’être énervés sur la Jaaaag F-Type R et « sorti » le Project 7, SVO s’est attaqué au Range Rover Sport Supercharged en lui collant un survêt’ et 550ch, avec l’adoption de certains réglages de la F-Type R. Son nom ? SVR.

 Le tour du proprio

Les SUV qui se prennent pour des supercars on connaît. Lamborghini avait ouvert la voie avec le LM002 à moteur de Countach mais personne n’avait suivi. Depuis quelques années, les américains et les teutons se sont rattrapés. Des Jeep SRT, AMG ML63 et X5M, on en a vu des palanquées. Alors les anglais se sont dit qu’il était temps de débarquer … On ne sait pas trop quoi penser quand on se retrouve devant le nouveau Range Sport et cette déclinaison SVR ne fait pas exception. Moins imposant que le Range « Classique », moins élégant à mon goût mais une certaine prestance se dégage tout de même du – gros – bébé. On est comme happé par cette face avant musculeuse qui nous renvoie à la poupe inspirée de l’Evoque en passant par cet empattement long comme un jour sans pain. Le survêt’ lui va cependant plutôt bien et on va dire que pour l’esthétique ça passe en force mais ça passe quand même. Le bouclier avant ajouré permet un meilleur refroidissement du moulin et surtout des freins. A l’arrière, le becquet, plus proéminent, plonge en direction de la quadruple sortie d’échappement qui n’est pas là que pour le look.

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Imposant mais jamais vulgaire, l’ADN RR …

A l’intérieur, c’est mi-figue / mi-raisin. On retrouve l’habitacle du Range avec ses équipements de compèt’ (Ecran double vision, système audio Meridian 23HP 1700W etc …) sa finition léchée, son cuir, son alcantara et son alu aussi agréables au toucher qu’à regarder. On note cependant une grosse différence quand l’œil se pose sur les semi-baquets – à l’avant ET à l’arrière – dérivés de ceux de la F-Type (eux aussi) et sur le carbone recouvrant la planche de bord et la console centrale. L’extérieur nous avait déjà mis la puce à l’oreille mais là, plus de doutes, il va y avoir du sport.

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L’habitacle, très soigné, mêle luxe et sportivité

En route

Allez hop ! On saute dans l’habitacle. Oui, parce que même Sport, ça reste un Range et on est perchés à presque 2 mètres du sol. Oula, confortables ces semi-baquets dis donc ! La position de conduite est bonne, le volant tombe bien sous la main et les sièges se règlent dans toutes les positions. Cerise sur le gâteau, la pédale de droite est articulée à partir du plancher. Ça sent bon tout ça.

Contact : « Mais qui à foutu une F-Type R dans mon Range !? ». Le démarrage à froid de ce V8 compressé est une expérience inoubliable. J’en ferais bien mon quotidien tiens. Ça crache, ça grogne, ça crépite avant de se caler sur un ralenti augmenté quelques dizaines de secondes. Violent, assourdissant mais chantant. La classe. Et oui, ça reste un Raaaannnnge.

Le joystick en position D et c’est parti pour sortir de la ville en tout auto. Dans cet exercice, le SVR se comporte comme n’importe quel Range Sport, c’est à dire qu’il faut faire attention au gabarit et à ne pas écraser de Smart. Il fait juste un peu plus de bruit. La suspension est souple et progressive, la direction parfaite et le moulin ronronne sans fournir le moindre effort. 680Nm de 2500 à 5500 trs/min ça aide. La boîte ZF à 8 rapports enchaine montées et descentes sans aucun à-coup. On est aux portes de Paris en direction de la sortie, arrêté à un feu quand au hasard d’un « détaillage d’habitacle » je tombe sur LE bouton magique. « Tiens, un bouton avec des silencieux dessus !! … Viiiite, un tunnel !! » Les Parisiens sauront que je ne ments pas quand je dis qu’à peine 2 min après, j’étais au paradis. Comme d’hab, la démarche est simplissime et vous commencez à la connaître.

1/ On ouvre grand les vitres, le gigantesque toit ouvrant et les esgourdes

2/ On tombe 1, 2, 3, voir 4 rapports parfois

3/ Gaaaaazzzz !

Jaguar l’affirme, le Range Sport SVR sonne aussi fort qu’une F-Type R mais en plus méchant. On vous le confirme (moi et environ 4 millions de parisiens). La note est un peu plus grave, plus caverneuse mais toute aussi rageuse. Niveau décibel, respect à celui que fera la différence. Alors ça hurle oui mais ça pousse aussi, et plutôt salement. Ce V8 de 5 litres est à mon goût une merveille de disponibilité, bien aidé par son compresseur qui envoie la patate dès que la pédale est effleurée. Ne vous y trompez pas, la réaction n’est pas brutale, c’est simplement qu’entre la pédale à la course parfaite et la disponibilité du bloc, tout est dosable au micron et réagit instantanément.

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Le Range Sport n’a jamais été aussi à sa place sur la route

Après avoir effrayé la quasi-totalité de l’Île-de-France avec nos tromblons, nous voici en Picardie, du côté de Mortefontaine. Là, les routes peuvent s’y faire « viroleuses » et c’est pile ce qu’il nous faut. Inclinaison du joystick sur la gauche et la boîte passe en sport. Là, c’est à vous de choisir : la laisser gérer, ce qu’elle fait très bien ou prendre la main via les palettes derrière le volant ou le joystick, qui – youpi – est dans le bon sens (comprenez tirer pour monter les rapports et pousser pour les descendre). Moi j’ai choisi la deuxième solution et en ai profité pour mettre le Dynamic Response en … Dynamic. Et vlan ! Deuxième effet kiss Kool. Moi qui pensais être en « Full Noise » et ben non. Ça crépite encore plus ! Ce mode rend également la boîte plus rapide et affermit les suspensions pour mieux verrouiller la caisse. Et ce n’est pas de trop car il y a 2400 kg à promener et croyez moi, ça va vite, très vite.

Dans les enchaînements de courbes le SVR est d’une stabilité surprenante. L’allonge du bloc fait des merveilles et les 550ch oblitèrent n’importe quelle ligne droite. Quand arrive le serré, c’est là que vient la belle surprise. Quelle maniabilité ! Ça pivote comme il faut, ça se place très facilement, le toucher de route est surprenant. Sous-vireur à la limite, il peut survirer à la réaccélération quand on fait le gros vilain. La caisse prend du roulis, on ne contrecarre pas les lois de la physique, mais elle est bien gérée par l’amortissement pneumatique. Il faut cependant faire attention lors des compressions/délestages en virage car le Range à tendance à pomper et à salement élargir dans certains cas. On en sera quitte pour une petite frayeur. Au pire, si on était sorti, on aurait passé le Dynamique Response en mode « pierres et cailloux » car oui, tout sport et SVR qu’il soit, un Range Rover doit savoir crapahuter. Et il sait le faire !

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Même SVR, le Range Sport est digne de son blason hors piste

Au chapitre du comportement, c’est très bon. C’est même un outil. Moins efficace qu’un Cayenne Turbo S ou qu’un X5M, plus sonore qu’un GLE63 (ne l’appelez plus ML) ou qu’un Cherokee STR8, il joue la carte de la polyvalence, notamment grâce à des capacités en off road que lui envieraient bien de ses concurrents. Question ambiance dans l’habitacle, c’est, comme d’habitude chez Range Rover, du très bon. Nous n’avons malheureusement pas pu nous attarder sur la sono Meridian car la bande son offerte par l’échappement est juste jouissive. Je peux seulement vous dire que c’est légèrement en retrait par rapport au même système dans le Range Classique et au Bowers & Wilkins du Volvo XC90.

Bilan

SéVèR ce Range SVR. Il sait tout faire. Je ne vous parlerais pas des 21 litres aux 100 lors de notre essai (on a allumé comme des gros porcs la plus part du temps) et des 150 000€ de notre modèle d’essai car la concurrence est aussi, voire plus chère (170 000€ hors options pour un Cayenne Turbo S !!). Seul le Jeep SRT8, en retrait en termes de performances et de finitions, s’échange contre un très gentil 83 000€. Non, il a quelque chose de particulier. A part. Classe à défaut d’être élégant, habitable même s’il n’est pas dispo en 7 places, le Range Rover Sport est déjà en soi un sérieux prétendant dans la bataille des SUV. Avec cette déclinaison SVR, le département SVO frappe un grand coup et vient d’emblée jouer dans la cour des grands. Une superbe proposition qui, j’en suis sûr, en détournera certains de la concurrence installée. Je fais partie de ceux-là. En effet, je lui trouve une certaine « substance » diablement enivrante à ce Range. Capable de « cruiser » calmement sans réveiller tout le monde à 5 km de distance ou d’arsouiller comme un malpropre avec une mélodie de F-Type R en fond, tout en gardant la prestance due à son Rang(e).

FICHE TECHNIQUE

Dimensions (Longueur/Largeur/hauteur) : 4.85m/1.97m/1.78m

Moteur : V8 5 litres – Compresseur

Puissance maxi : 550ch à 6000 tr/min

Couple Maxi : 680Nm à 2500 tr/min

Transmission : 4 roues motrices / Boîte auto 8 rapports

Poids (Constructeur) : 2335 kg

Rapport poids/puissance : 4,24 kg/ch

Vitesse maxi : 260 km/h

0 à 100 km/h : 4,7s

Conso mixte annoncée : 13L/100 km (21L lors de notre essai « dynamique »)

CO2 (g/Km) : 298

Puissance fiscale : 47 CV

Roues : 295/40/22

Tarif : A partir de 127 500€ (Modèle essayé 152 800€)

LA CONFIG' CLUBSPORT

Si c’était le notre, le Range Sport SVR du Billet Auto serait Noir Santorini (option à 1110€) avec les jantes 22″ « Style 108 » (3020€) avec un intérieur bi-ton en cuir Oxford « Ebony/Tan » et des plaquages en fibre de carbone (1490€). Avec les options indispensables comme le système audio Meridian Signature Référence 23HP (4840€) ou le toit ouvrant panoramique (2200€) et quelques broutilles, on est déjà sur un joli 151 000€.

Vous pouvez configurer le vôtre par ici

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VIDEO

PHOTOS

La note du Range SVR
Moteur SensationnelHabitacle somptueuxCaractère
TarifConsoEncombrement
90%Note finale
Le Style85%
L'Ambiance90%
Le Moteur90%
Les Sensations95%
Avis des lecteurs 1 Avis
98%